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Liquide, vous avez dit liquide ?
Par Frédéric Dumas, vendredi 29 mars 2013 à 16:22 - HiTech

Logo du CeBITC'est un coup de coeur pour deux sociétés innovantes rencontrées au CeBIT de Hanovre ce mois-ci qui me fait écrire un billet à leur sujet. La première, BOSSG (installée à Wrocław en Pologne), détruit les disques durs de ses clients en les... liquéfiant. La seconde, Redpixtec (installée à Wiesbaden en Allemagne), offre un moyen de payement dématérialisé sur les lieux de vente grâce aux QR Codes, et compatible avec tout smartphone. Ces sociétés ont en commun la radicalité de leur solution (difficile de faire mieux que la liquéfaction ou le payement sans moyen de payement) et leurs noms imprononçables. Sans surprise, l'une comme l'autre communiquaient au CeBIT principalement sur son procédé, respectivement Liquidata et Paij. Ces noms là sont nettement plus faciles à retenir.

Un des "villages" polonais au CeBITJe souffre d'un tropisme polonais, pour des raisons familiales et professionnelles depuis quelques années. Coïncidence, la Pologne était partenaire privilégié du CeBIT 2013 et ses entreprises regroupées en "villages" dans presque tous les halls du salon. C'était un plaisir d'y trouver parmi elles la première de ces deux entreprises innovantes.

Un mot pour s'affranchir des idées reçues. De la Pologne, on imagine que le coût de la vie (et donc toute la chaîne jusqu'aux rémunérations) y est grosso-modo deux fois moins élevé qu'en France. C'est vrai. Moins connu, et pourtant tout aussi vrai, la Pologne est un pays d'excellents ingénieurs, particulièrement dans l'IT. Au point qu'une voix autorisée comme celle de Ramon Tancinco (responsable de la stratégie, des opérations et du développement à Cisco pour l'Europe de l'Est) compare explicitement Cracovie à Bombay et la Silicon Valley pour ses capacités d'outsourcing et d'innovation.

Je reviens à mes moutons, en commençant par la destruction des disques à la sauce polonaise. Les institutions telles que les banques, les organismes gouvernementaux, l'armée et les diverses officines ont besoin de détruire leurs supports de stockage numériques avant de les jeter, pour garantir l'irrécupérabilité des données par des tiers non-autorisés. On se rappelle de l'émoi provoqué par les pertes de supports numériques en série (ordinateurs portables volés, disques optiques égarés) par les services britanniques dans les années 2007-2008 pour comprendre l'importance de leur destruction quand ils sont réformés.

Limaille de plateaux magnétiquesDans un environnement professionnel classique, on se contentera d'une re-écriture répétée de données aléatoires sur la totalité de la surface du disque. Les plus déterminés passeront le disque à l'électro-aimant, ce qui le rendra inutilisable, les secteurs portant le firmware utilisé par son contrôleur interne se trouvant alors effacés eux aussi. Mais des travaux académiques montrent qu'il est encore possible en salle blanche d'accéder aux données originales, même après de tels traitements. Les moyens mis en oeuvre pour "détruire" les plateaux magnétiques de manière plus radicale vont donc être physiques: on découpe, on lacère et on broye en morceaux plus ou moins fins, selon la sécurité recherchée. Le croirez-vous, la densité d'enregistrement de nos supports magnétiques modernes est telle qu'il est possible de retrouver des fichiers intacts sur des morceaux de quelques millimètres carrés. Un risque que certains ne voudront pas prendre. 

Un article de la BBC estimait à plus d'un milliard de livres sterling la valeur pour la mafia des données nominatives perdues sur deux disques par l'administration britannique en 2007. On comprend que des moyens considérables puissent être mis en oeuvre pour une fraction de ce prix et permettent de récupérer des données sensibles sur des disques insuffisament "détruits". Tout n'est question que de valeur de l'information et de coût de sa récupération.

Du disque au liquideJe n'y ai jamais eu recours moi-même, mais j'observe que parmi les sociétés offrant des services de destruction plus ou moins protecteurs, leurs offres se perdent dans les détails pour parvenir à se différencier : finesse des morceaux, hauteur de coupe entre les plateaux et le corps du disque, nombre et profondeur des coupes dans le contrôleur électronique, nombre de passes au démagnétiseur, recyclage des métaux récupérés, etc. Ce qui m'a fait m'arrêter sur la solution Liquidata, c'est sa radicalité, qui met tout le monde d'accord: leur labo mobile (un camion) arrive dans les locaux de leur client, ils lui transforment ses plateaux magnétiques en liquide neutre, et pour la touche écologique (et probablement pour répondre d'avance aux derniers arguments de la concurrence), ils peuvent séparer et recycler les métaux. Le génie de Liquidata, c'est qu'on arrête d'ergoter sur les niveaux de sécurité, la finesse des copeaux et les prix qu'on met en face. Pas d'autre choix que de récupérer nos disques dans une éprouvette et d'arroser nos plantes avec. Ça cloue le bec à... tous les autres.

J'ai cru un moment à tort que la solution était encore en phase de rodage, que l'installation dans un camion de leur labo trahissait le besoin de "faire des démonstrations" et sur le stand j'ai poussé la discussion sur des détails pratiques. On m'a répondu que l'installation mobile du laboratoire est conditionnée par le souci des clients de ne pas faire voyager leurs disques loin de leurs locaux avant destruction. L'offre est d'autant plus attractive quand le moyen de destruction vient à la rencontre du client, et s'aligne en ça sur celles d'autres sociétés du secteur. Au rythme des commandes qu'ils reçoivent actuellement en Pologne, le labo mobile est amené à faire le tour du pays chaque semaine. Une courte vidéo permet de visualiser les opérations qu'on y réalise.

 

 

En réponse à mes questions, les chiffres étaient meilleurs que ceux auxquels je m'attendais: quelques centaines de disques peuvent être détruits par jour dans leur labo en situation normale, et jusqu'à 1500 en mobilisant une dizaine de personnes; les coûts s'étagent de 5 à 50 euros l'unité transformée en liquide, selon le volume traité dans la journée chez le client. Et preuve qu'on est bien dans un traitement industriel et non dans une campagne de communication, toutes les manipulations réalisées sur les disques dans le laboratoire sont enregistrées en vidéo; l'enregistrement est ensuite fourni au client avec le certificat de destruction de chaque disque.

Tarification Internet au CeBITCe billet est le résultat de l'intérêt qu'a suscité cette société chez moi: elle offre un très bel exemple d'innovation sortie du laboratoire et associée à la logistique adaptée pour devenir un beau produit commercial. Quand arrivera la version polonaise de la vidéo diffusée actuellement en allemand, je m'occuperai de la traduire en français. Cette société mérite d'être aidée dans son développement.

Il leur reste maintenant à concevoir le procédé pour dissoudre... les mémoires de masse SSD !

Au passage, voici à droite la tarification de l'accès Internet Wi-Fi dans les halls du CeBIT (cliquez pour agrandir). Question: avaient-ils, eux, des clients ? 

 

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J'en arrive à présent à la deuxième société innovante qui a retenu mon attention.

Au siècle passé, j'avais écris un billet sur des applications machine-to-machine et des formes de paiement électronique utilisant notre téléphone mobile comme moyen principal. Dans ces exemples observés en 1999, il était question de glisser une carte bancaire dans le téléphone, ou de commander un distributeur de boissons par SMS. C'était l'époque où les blogs n'existaient pas encore sur l'Internet, et si vous suivez ce lien, vous verrez que ce n'est pas jeune.

Aucune des solutions de paiement envisagées à l'époque n'a été adoptée à grande échelle, tout au plus paye-t-on aujourd'hui quelques gaudrioles à l'aide de SMS surtaxés et peut-on parfois acheter son billet de tram par ce moyen dans certaines villes.

Paij - Tablet et smartphoneAvec Paij et les QR Codes, les choses changent. Ici l'usage vise tous les commerces et pas seulement les micro-paiements. Et il n'est pas question d'équiper l'utilisateur d'un quelconque matériel supplémentaire (carte Monéo, smartphone NFC comme on tente d'y accoutumer le public) dont la très lente pénétration (202 smartphones NFC recensés dans le monde sur plus de 5000 modèles, pour une technologie qui a déjà 10 ans) est un obstacle à l'adoption massive.

Imaginons régler nos achats en caisse. Sur notre ticket de caisse, un QR Code imprimé. Il suffit de le scanner avec notre smartphone, quelque soit sa marque. Le QR Code renvoie à une page web, comme c'est sa fonction, sur laquelle apparaissent déjà préparés tous les éléments de la transaction: le nom du commerçant, celui de l'acheteur, le montant à payer. Ne reste qu'à valider la transaction à l'écran du smartphone, pour que la caisse enregistreuse reçoivent confirmation de son exécution. N'est-ce pas génial de simplicité ? A-t-on déja fait aussi efficace avec aussi peu de moyens ? C'est la solution "toute logicielle" proposée par Paij. Finalement, le QR Code généré par Paij automatise la rédaction de ce qui n'est rien d'autre qu'un ordre de virement entre deux comptes Paypal. La simplicité est très convaincante vue du client. Aujourd'hui opérationnel avec le compte Paypal des utilisateurs, ce moyen de paiement sera ultérieurement compatible avec leur carte bancaire. Paij s'appuiera-t-il sur le portefeuille Google pour celà ? Je n'ai pas posé la question.

L'indépendance vis-à-vis des solutions matérielles (carte SIM NFC, porte-monnaie électronique type Moneo, etc.) donne envie de rêver au succès de Paij. Car ce qui est en jeu ici ne concerne pas le remplacement de la carte de crédit par le téléphone mobile, simple substitution d'un objet par un autre. Très au-delà de ça, en affranchissant le point de vente et le client d'un moyen physique de payement lié à un réseau bancaire en particulier, Paij ouvre la porte au libre choix par l'un et l'autre de leur intermédiaire financier pour sceller la transaction sur le lieu de vente. La dématérialisation du moyen de payement  par le QR Code apporte un peu la même libertée que le libre choix au début du siècle de son opérateur de téléphonie en présélection ou appel par appel. Aussi, l'enjeu est ici un rééquilibrage entre le pouvoir de négociation des banques et celui de leurs clients, professionnels et privés, au profit de ces derniers. Il est peut probable que le système bancaire encourage l'initiative.

Chez le commerçant et son prestataire de services, il faudra interfacer la plateforme Paij avec le système informatique d'encaissement, à condition que les caisses enregistreuses soient capables d'imprimer ou d'afficher à l'écran un QR Code. Mais c'est alors espérer la collaboration d'une demi-douzaine d'acteurs, de tous ceux qui forment la chaîne permettant à un système d'encaissement centralisé de réconcilier factures et payements. En fait, c'est là que le rêve se brise.

Paij - Transaction en coursLe monde des "réseaux à valeur ajoutée" ancêtres de l'Internet et de l'informatique dématérialisée, encore basés sur X.25, X.400 et l'EDI, règne largement sur les transactions financières. Je ne sais pas jusqu'où Paij en serait dépendant. Mais accéder aux caisses enregistreuses exigera probablement de passer par eux. C'est un monde oligopolistique, conservateur, où les nouveaux entrants susceptibles de prendre une part du gâteau sont encore moins bien vu qu'ailleurs, sauf à exténuer leur marge au bénéfice des acteurs en place. Paij en est probablement conscient. C'est pourquoi leur solution ne fonctionne pas comme je l'ai jusqu'à présent révée. J'ai commencé par la fin: l'interfaçage avec les caisses est un but visé par Paij, mais pour plus tard.

Pour l'heure, faute de pouvoir accueillir Paij directement sur ses caisses enregistreuses, le commerçant est invité à équiper ses caissières d'une tablette Wi-Fi ou 3G et de l'application Paij. La caissière saisit manuellement sur la tablette la somme à payer et l'application Paij génère un QR Code à l'écran, différent à chaque nouveau client. Le client photographie l'écran de la tablette qu'on lui présente et à partir de là, son smartphone lui permet de valider le payement comme déjà vu.

Mais les commerçants vont-ils se convaincre aisément d'équiper chaque caisse d'une tablette, même si celles-ci voient leur prix toujours baisser ? Que devient l'avantage compétitif de cette solution "toute logicielle" si comme les autres, elle exige la présence d'un nouvel équipement dédié ? Qui va croire que la saisie manuelle sur un appareil indépendant se fera sans erreur et sans ralentir encore les queues ? Quel degré de facilité rencontreront les commerçants pour réconcilier les sommes facturées et les transactions financières effectivement validées ? Ces questions rapides ont sans doute des réponses sensées, mais me font douter que la diffusion de ce moyen de payement soit plus aisée que ce que j'ai vu plus de 10 ans auparavant.

Une "jeune pousse" a-t-elle les moyens de faire bouger les lignes ? Je n'ai pas discuté de leur stratégie avec mes interlocuteurs sur le stand pour suffisamment la comprendre. Cherchent-ils à faire fonctionner une preuve de concept opérationnelle, à enregistrer une série de succès localisés, pour intéresser un gros acteur type Google (qui commence, au-delà de son porte-monnaie en ligne, à marcher sur les plate-bandes d'Amazon) ? Quand on voit la difficulté des plus grands à faire adopter leurs moyens de payement (T-Mobile en Pologne pousse actuellement ses cartes SIM NFC utilisable sur les terminaux de payement adaptés, sa vidéo sur Youtube n'a été vue que... 9404 fois), on a du mal à se convaincre que la solution viendra de petits acteurs prometteurs.

Et c'est pourtant tout ce que je souhaite à Paij de réussir à faire.


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