- Création de sites web, blogs,
  pages Facebook
- Hébergement
- Gestion de mail avec antispam
- Dépôt de noms de domaine

3 rue Blomet
75015 Paris

Tél  01 47 31 85 41


Rechercher
 
[Tout voir]
Catégories
  C ds l'r
  HiTech
  Internet
  Siteparc
  Photo
  Ailleurs Land
  PC-Mac

   

Derniers commentaires
[Nouveau site : Alz Junior]
'Orientation scolaire : Tres intéressant dans le cadre de l'Orientation sc (16/12/2016)

[Nouveau site : Alz Junior]
ENfant : Tres intéressant dans le cadre de l'Orientation sc (16/12/2016)

[Le prix d'un CD]
MusicHome : Mon contact producteur et studio : dessabba@gmail. (02/09/2016)

[Le prix d'un CD]
MusicHome : je produis des artistes avec un vrai projet et un (02/09/2016)

[Internet pervasif... en Pologne !]
rozwoj osobisty : Et très bien , à la fin il y aura un peu d'ordre . (09/05/2016)


Références
Mentions légales
Photo Zach Dischner
 
Facile pamphlet du dimanche (je n'aime pas la SIM nano !)
Par Frédéric Dumas, dimanche 16 mars 2014 à 15:44 - HiTech

Avec le sens de la mesure qui me caractérise, je voudrais vous dire tout le mal que je pense de l'iPhone 5, pour ce que j'en connais : l'abandon du connecteur historique et l'adoption de la carte SIM nano.

Pour le connecteur, aucun commentaire : ça ne se branche plus là ou ça aurait dû se brancher. Tant pis pour vous.

Pour la carte SIM nano, ça soulève un peu plus de frustations. La carte SIM courante  (dite aussi SIM mini, la seconde sur l'illustration à droite) a un format physique normalisé qu'on utilise depuis 20 ans. Au début du siècle était normalisée la SIM micro (la troisième sur l'illustration à droite), il a fallu attendre une dizaine d'années pour la voir adoptée par les smartphones UMTS/3G). Dix ans plus tard (2011) apparaîssait la SIM nano (la dernière sur l'illustration) que l'iPhone 5 est à ce jour le seul à utiliser (en volume significatif) !

Un ami vient des Etats-Unis passer quelques jours chez moi, il me demande de lui acheter à l'avance une SIM prépayée locale. Il me précise qu'il possède un iPhone. À l'achat, je vérifie bien que la carte de l'opérateur est pré-oblitérée pour facilement se séparer en SIM micro.

Résultat des courses, vous le devinez : il possède un iPhone 5, la fameuse SIM nano est indispensable. Elle diffère de la SIM micro d'un gros millimètre sur un de ses bords, de moins d'un millimètre sur les autres. Pas d'inquiétude, je la lui rectifie fissa aux ciseaux de cuisine. Làs, ma SIM nano-faite-main est maintenant... trop petite d'un quart de millimètre, et passe à travers le minuscule chariot sur laquelle la déposer, dont l'arrête soutenant normalement la SIM a la largeur d'un poil de mollet de fourmis.

Mais pourquoi ?

Pourquoi en 2011 Apple poussait un tel format de carte SIM nano à l'ETSI, pour changer d'un ou deux millimètres la taille d'un bout de plastique normalisé depuis des années, ce qui aujourd'hui pose problème à des millions de clients auxquelles des anecdotes similaires arrivent forcément à travers le monde ? Pourquoi dans un environnement telecom massivement standardisé (c'est une formidable réussite de pouvoir emporter dans sa poche un combiné qui globalement sera capable de se connecter et s'authentifier partout dans le monde), Apple - le champion de l'ergonomie - introduit une disparité gênante dans la vie courante ? Où est l'innovation ? Pour gagner deux millimètres ?

J'ai du mal à croire que le routage du PCB de l'iPhone 5 soit si tragiquement optimisé, que ces quelques millimètres carrés de différence entre la SIM micro et la SIM nano soient indispensables. Au pire, l'iPhone d'Apple ne pouvait-il pas être un millimètre plus long ? Avec la marge de plusieurs centaines de dollars réalisée sur chaque vente, Apple aurait-il vraiment senti le coût de la matière première supplémentaire ?

Last and least, Apple me fait passer aux yeux de mon invité pour un benêt qui lui refile de la drouille (je plaide coupable, je n'ai pas d'iPhone), moi le Geek, et vous qui me lisez, nous à qui on s'adresse précisément pour nos bons plans, nos conseils, et pour se protéger de ce genre d'incidents.


6 commentaires - Répondre  


YABT (Yet Another Bitcoin Tutorial)
Par Frédéric Dumas, vendredi 07 février 2014 à 07:36 - HiTech

Graphique XBT/USD

Plus le taux de change de la monnaie créée à la fin de la décennie par "Satoshi Nakamoto" - le Bitcoin - grimpe contre dollar (1$ mi-2012, 10$ fin 2012, 100$ mi-2013, 1000$ fin 2013), plus les miners achètent et installent en batterie des ASICS capables de forger des bitcoins malgré la difficulté grandissante (ces équipements "du commerce" testent des milliards de digests par seconde, de quelques Ghash/s fin 2012 à quelques centaines fin 2013), plus se multiplient alors sur les blogs des articles et des avis personels, sur la désormais célèbre monnaie électronique.

Ce billet suit la tendance : son auteur n'a aucune autorité sur le sujet, mais s'en empare. Je ne fréquente pas assidûment les conférences ni ne lis tout ce qui s'écrit sur Bitcoin; j'ai de bonnes chances de cuisiner dans ce billet quelques erreurs et approximations. Cette "monnaie" repose sur des techniques qui ne nous sont pas familières; fouiller ses implications économiques, politiques et sociales entraine autant de questions nouvelles que n'apporte de réponses. Je m'en tiendrai donc à pousser quelques portes. Ma seule exigence, c'est de vérifier qu'elles ne se referment pas derrière moi, c'est à dire que je ne raconte pas n'importe quoi.

Ouvrir les bonnes portes, c'est aussi s'écarter de celles qui donnent sur quatre murs. Ce billet prend le contre-pied de conceptions erronnées associées à Bitcoin :

  • les bitcoins ne sont pas des pièces de monnaie électroniques, contrairement à ce que l'image du porte-monnaie laisse croire; mais que sont-ils alors ?
  • les bitcoins ne permettent pas les transactions financières anonymes, le système est construit au contraire pour garantir la tracabilité perpétuelle de chaque opération; tout au plus offre-t-il une forme de pseudo-anonymat ;
  • les bitcoins ne sont pas les mieux adaptés aux micro-payements, contrairement au ghetto dans lequel, faute d'y croire, on les cantonne habituellement.

Liquidités, mais sans monnaie

Bitcoin en piècesIl y a une image fausse du Bitcoin, celle de ces pièces scintillantes et entassées, forcément dorées ; elles sont frappées d'un B barré, singeant le dollar américain. On pourrait aussi les prendre pour des jetons de casino. L'illustration entretient le public dans l'illusion que les bitcoins sont des pièces électroniques. C'est la comparaison reprise dans la plupart des articles. On imagine ces bitcoins stockés dans un porte-monnaie (l'ordinateur de leur détenteur). Les faits divers rapportant le vol ("mon dépositaire s'est fait hacker") ou la perte de bitcoins ("j'ai formaté mon disque dur, tous mes bitcoins sont effacés") alimentent cette vision des choses. L'Autorité de contrôle prudentiel de la Banque de France elle-même parle du "risque de vols des bitcoins stockés sur un ordinateur". Pour comprendre où sont stockés et ce que sont les bitcoins, il faut recourir à un autre paradigme.

Qui a déja copié un fichier sur son ordinateur sait que cloner à l'identique est la caractéristique première de l'informatique. A vrai dire, échanger des fichiers est synonyme de les dupliquer : celui qui reçoît un fichier n'en prive pas celui qui l'envoie. Or, dans le cas de la monnaie, il est indispensable de dissocier ces deux propriétés : on cherche à faciliter l'échange mais aussi et surtout à s'opposer au clonage des "pièces". 

Pour concilier les deux exigences, la solution retenue par Satoshi Nakamoto consiste à publier et diffuser régulièrement vers tous les logiciels Bitcoin (qu'on pourrait par approximation appeler les "porte-monnaies") la totalité des transactions en cours. Toutes les 10 minutes environ, les transactions les plus récentes sont jointes ensemble en un block d'une taille variable (selon le volume de transactions). Ce block est une longue liste de tous les comptes ayant au cours des 10 dernières minutes émis ou reçus des bitcoins et de tous les montants impliqués dans chaque transfert. Ce block n'excède jamais la taille d'un méga-octet; anecdotique à ce stade, ce détail aura son importance plus tard.

Enfonçons donc une première porte ouverte. Les bitcoins ne sont pas ces pièces ou ces jetons qu'on imagine passer d'un porte-monnaie à l'autre. Contrairement à la croyance, ils ne sont pas stockés dans les "porte-monnaie" des utilisateurs. Les bitcoins n'ont pas d'autre existence que dans ce (très) long livre de comptes qui certifie le solde de chaque compte. Ce sont des unités dont on débite ou crédite des comptes et dont on tient scrupuleusement une comptabilité publique. En fait, Bitcoin est un vaste système public de compensation entre comptes, qui n'a d'autre existence que dans la block chain et les algorithmes du logiciel Bitcoin qui la manipule. Pas dans les fameux "porte-monnaie".

Block chainLes détails de chaque transaction sont diffusés publiquement pour ne pouvoir ultérieurement être falsifiés par personne. Les techniques de chiffrement à clés asymétriques certifiant la validité de ces blocks sont évidement beaucoup plus sophistiquées que ce résumé extrême. Je renvoie le lecteur voulant découvrir d'avantage ces mécanismes à cet excellent wiki sur Bitcoin.

Reste à comprendre ce qui arrive à ces malchanceux qui "perdent leurs bitcoins". Comment la disparition de leur "porte-monnaie" électronique peut les avoir "effacés", si précisément les bitcoins ne sont pas stockés localement, mais au contraire soigneusement et publiquement archivés dans la block chain ?

Il faut s'interroger sur ce dont est dépositaire en réalité le "porte-monnaie", le logiciel Bitcoin. Il ne détient jamais aucun bitcoin. Il détient les clés secrètes privées qui permettent d'autoriser les transferts depuis les comptes qu'il gère. Or, la force d'un système cryptographique à clés asymétriques est justement de tout faire pour qu'il soit impossible de "retrouver" une clé privée "perdue". Ce que malchanceux et imprévoyants perdent, ce ne sont pas leurs bitcoins, c'est la clé permettant de les dépenser. Les bitcoins, eux, restent attachés à ce compte désormais inutile, comme fossilisés dans la block chain.

Assez paradoxalement, il serait possible de continuer à créditer un tel compte dont on connait l'adresse (qui par définition n'est pas secrète) et d'augmenter ainsi leur encourt à fonds perdu. Ces bitcoins additionnels, ne pouvant plus jamais en être extraits, connaîtraient le confort du trou noir.

Pseudo-anonymat

L'ensemble des blocks, depuis ceux portant les toutes premières transactions de janvier 2009, constituent une information publique, ouverte, consultable par tous. Faites l'expérience d'installer et de commencer à utiliser le logiciel Bitcoin sur votre machine : sa première action est de télécharger la totalité de la block chain, morceau par morceau; il en vérifie au passage la complétude, comme les centaines de milliers d'autres clients Bitcoin en fonctionnement l'ont déjà fait. L'opération est d'ailleurs très laborieuse.

Inflation de la block chainRecensant et permettant de reconstituer la totalité des transactions passées pour la totalité des comptes existants, la taille de la block chain ne peut qu'être en inflation linéaire constante. En ce début d'année 2014, elle pèse une douzaine de gigaoctets. Toutes les transactions Bitcoin du monde entier tiennent donc encore sur un seul disque Blue-ray ! Le lecteur pourra vérifier si cette affirmation est toujours valide lorsqu'il lira mon billet.

Mais surtout, étant publique et ordonnée (sans être à proprement parler horodatée), la block chain permet à n'importe qui de prendre connaissance de tous les mouvements de bitcoins, depuis et vers n'importe quel compte. Là où nous sommes habitués à un relatif secret bancaire pour l'exécution de nos virements classiques, Bitcoin provoque au contraire la divulgation sans exception de toutes les transactions. Pourquoi alors flotte autour de Bitcoin cette réputation d'anonymat ?

Enfonçons une seconde porte ouverte. Pour transférer des bitcoins d'un compte à un autre, on a besoin de connaître l'adresse du compte bénéficiaire. Pour un usage commercial courant, on connaîtra évidemment l'identité du détenteur du compte dont on reçoit ou vers lequel on transfère les bitcoins. Mais contrairement au transfert bancaire classique, cette information n'est pas nécessaire. D'ailleurs, elle n'apparait nulle part dans les blocks. Nous connaissons l'identité du détenteur simplement parce que nous sommes en relation d'affaires avec lui.

Dès lors, pensent certains, si je ne dis à personne que ce compte m'appartient, je peux payer ou recevoir des bitcoins anonymement. Or, cet espoir repose largement sur un effet d'optique et sera le plus souvent déçu.

Loupe a la traceRappelons-nous que la block chain donne à connaître toutes les transactions passées et présentes de tous les comptes. Divulguer son identité pour une transaction (auprès d'un bureau de change de devises en ligne par exemple) donne à celui qui possède ce lien entre l'adresse d'un compte Bitcoin et l'identité d'une personne, la connaissance de toutes les transaction passées par cette personne. En sens inverse, en suivant la trace des transactions passées propres à un compte donné, retrouver et interroger les personnes ou les organismes qui ne font pas mystères, eux, de leur identité, et qui connaitraient celle de l'inconnu, est également faisable. Les Douanes en ont récemment fait la démonstration en interrogeant une plateforme de change pour connaître l'identité d'un client détenteur d'un compte Bitcoin utilisé pour un trafic de drogue "anonyme" et interpeler ensuite l'individu par des méthodes classiques.

Pour exister, l'anonymat devrait être scrupuleusement respecté pour toutes les transactions d'un compte donné, sans exception. Celui qui cherche à conserver son compte Bitcoin strictement anonyme devrait n'y recevoir des bitcoins que de personnes ou organismes qui ignorent qui il est vraiment, et n'en transférer qu'à des personnes qui ignorent de qui elles reçoivent ce payement. Dans la vie de tous les jours, celle dans laquelle Bitcoin se propose comme un nouveau moyen de payement, ces conditions draconiennes pour rester réellement anonyme ne sont jamais remplies !

En fait, à chaque fois que nous lions notre compte Bitcoin à notre identité réelle, nous brisons l'anonymat et laissons voir à tous ceux qui seraient en possession de cette information l'ensemble de nos transactions passées. Parmi beaucoup d'exemples, c'est un pouvoir phénoménal offert aux marchands en ligne, qui pourraient reconstituer en parcourant la block chain nos habitudes d'achats, à toutes les époques. Utiliser des comptes Bitcoin différents pour chaque transaction, dans l'espoir d'interdire les rapprochements, n'est qu'une protection incertaine: à un moment ou un autre, on souhaitera bien consolider les sommes éparpillées sur tous ces comptes. Une analyse un peu poussée de la block chain dévoilera ces corrélations; gageons que les logiciels pour le faire existent ou sont en cours de développement. L'histoire des remailers me laisse dubitatif face aux services de mélange des bitcoins. Au mieux pourra-t-on gêner un peu le travail des pisteurs les moins persévérants, sans jamais se cacher définitivement.

Europe sans cashQuoiqu'en pensent les libertariens, l'incapacité de Bitcoin à garantir l'anonymat est sans doute plus un atout qu'un handicap. Elle permet d'écarter une objection très forte formulée par les Etats, qui rejetteraient sans aucun doute dans l'illégalité un moyen de payement moderne vraiment anonyme. Il n'est qu'à voir les efforts en Europe pour limiter toujours davantage la possibilité d'utiliser des espèces. Par conception, les traces consignées par Bitcoin dans la block chain rendent au contraire possible le travail des enquêteurs de tous bords. L'utilisateur d'aujourd'hui ferait bien d'en prendre conscience.

Grosse monnaie contre micro-payements 

Une troisième et dernière idée fausse consiste à voir en Bitcoin le moyen par excellence des micro-payements, ces payements d'un ou deux euros pour la transaction desquels les cartes de crédit sont réputées prélever des frais astronomiques en comparaison de la somme en jeu. Faute de mieux, la solution habituellement retenue pour ces payements de très petits montants repose sur l'envoi de SMS "premium" depuis le téléphone mobile.

L'idée que Bitcoin est adapté aux micro-payements pourrait avoir deux origines :

  • Inconnu dans le commerce traditionnel, Bitcoin est actuellement sur-représenté sur les seuls sites web l'utilisant pour collecter des dons, qu'on imagine être de faibles montants. Cet usage participe à son image. L'arrivée de Bitcoin en 2014 sur des sites web marchands américains de premier plan changera la donne.
  • L'absence de système bancaire prélevant une commission au passage laisse faussement penser que les transactions par Bitcoin sont gratuites, ou au moins d'un coût forcément très faible. Ce qui est vrai aujourd'hui pourrait ne plus l'être demain.

Le wiki Bitcoin déjà cité donne quelques comparaisons éclairantes entre les capacités du réseau bancaire traditionnel et le réseau Bitcoin, en nombre de transactions à la seconde :

  • Visa est ainsi estimé supporter jusqu'à 10.000 transactions par seconde, avec un rythme de croisière d'environ 2000;
  • Paypal est estimé en supporter 100 fois moins, soit une centaine par seconde avec un rythme de croisière moitié moindre (environ 50);
  • Bitcoin est lui limité à 7 transactions par seconde, avec une charge aujourd'hui observée de moins d'une transaction par seconde.

Pourquoi une telle limite propre à Bitcoin ? Rappelons l'existence de deux constantes évoquées plus haut et liées au protocole lui-même :

  • un block réunissant les dernières transactions ne peut excéder une taille d'un méga-octet;
  • il faut environ 10 minutes pour calculer un block;
  • ajoutons enfin une variable : une transaction a une taille moyenne de 250 octets.

Bitcoin loadPar construction, et sans préjuger d'évolutions futures du protocole Bitcoin relevant ces limites, on comprend que le nombre de transactions ne peut être beaucoup supérieur à 4000 par block, toutes les 10 minutes. Quand on voit la différence de plusieurs magnitudes entre le trafic Bitcoin et le trafic Visa (un demi million de transactions possibles par tranche de 10mn chez Visa), on sait qu'une situation de congestion sur le réseau Bitcoin n'est pas théorique, mais se produira nécessairement avec sa popularité croissante. Dès lors qu'il y aurait plus de transactions dans cette fenêtre de 10mn que le block ne peut en agréger ensemble, sur quel critère choisir d'inclure telle transaction au dépend de telle autre ?

C'est là qu'interviennent les frais de transactions, payés par l'émetteur, et perçus par ceux qui attachent les transactions en block (les miners). Ces commissions sont consenties à la discrétion de celui qui émet le payement, elles peuvent varier pour chaque transaction et même être égales à zéro. Cependant, il n'est pas difficile d'imaginer que les miners privilégient en priorité l'inclusion dans le block des transactions leur rapportant les plus fortes commissions. Les transactions présentant à la demande de l'émetteur les frais les plus faibles seront au pire ignorées, au mieux traitées avec retard.

Enfonçons une troisième et dernière porte ouverte: quels sont les transactions pour lesquelles l'émetteur aura le plus de réticence à accepter des frais élevés ? Les micro-payements, évidemment. En ce début d'année 2014, le volume des transactions ne sature pas la capacité de 7 transactions par seconde du réseau Bitcoin. Aussi, les miners conservent un intérêt à attacher à chaque block toute transaction qui se présente: quelque soit la commission associée, même nulle, son exécution ne se fera pas au détriment d'une autre mieux rémunérée. Mais au fur et à mesure de l'accroissement du volume des transactions, un arbitrage deviendra nécessaire entre elles. Les transactions à faible commissions deviendront donc de moins en moins prioritaires. Au premier rang desquelles les micro-payements.

Par construction, Bitcoin favorise ainsi la rapidité d'exécution des transactions qui rémunèrent le mieux les miners (vraissemblablement les transactions de forts montants vers un petit nombre de bénéficiaires) et désavantage les transactions qui les rémunèrent le moins bien (vraisemblablement les micro-payements). L'avenir dira si les micro-payements conserveront une place dans le système, à condition de consentir à des délais d'exécution très rallongés.

Contrairement à son image de monnaie bien adaptée aux payements de coin de table, cette caractéristique oriente Bitcoin vers un rôle de monnaie faite pour payer les "vrais" achats.

Merci au lecteur de rectifier par ses commentaires les contre-sens que j'aurais pu commettre dans ce billet.


Répondre  


iOS 7 sécurise iPhone et iPad contre le vol (rappel)
mardi 15 octobre 2013 à 11:20 - HiTech

Petit rappel important sur iOS 7 ! En tant qu’utilisateur d’iCloud, les nouvelles fonctionnalités intégrées dont vous bénéficiez et qui sont intégrées à Localiser mon iPhone vont rendre la tâche plus difficile à quiconque voudrait utiliser ou vendre votre appareil s’il venait à être perdu ou volé.
Quand Localiser mon iPhone est activé sur iOS 7, votre identifiant Apple et votre mot de passe seront toujours requis avant de pouvoir :
désactiver Localiser mon iPhone sur votre appareil ;
effacer votre appareil ;
réactiver et utiliser votre appareil.
Vous n’avez rien à faire, à part maintenir Localiser mon iPhone activé et vous souvenir de votre identifiant Apple et de votre mot de passe. Pour plus d’informations, veuillez consulter la Foire aux questions.
Remarque : Comme toujours, si vous envisagez de donner votre appareil à quelqu’un d’autre, assurez-vous d’effacer tout le contenu et les réglages avant de le céder au nouveau propriétaire. Ceci supprimera l’appareil de votre compte pour permettre au nouveau propriétaire de l’activer. Pour plus d’informations, veuillez consulter l’article Procédure à suivre avant de vendre ou de céder votre iPhone, iPad ou iPod touch.

Répondre  


Liquide, vous avez dit liquide ?
Par Frédéric Dumas, vendredi 29 mars 2013 à 16:22 - HiTech

Logo du CeBITC'est un coup de coeur pour deux sociétés innovantes rencontrées au CeBIT de Hanovre ce mois-ci qui me fait écrire un billet à leur sujet. La première, BOSSG (installée à Wrocław en Pologne), détruit les disques durs de ses clients en les... liquéfiant. La seconde, Redpixtec (installée à Wiesbaden en Allemagne), offre un moyen de payement dématérialisé sur les lieux de vente grâce aux QR Codes, et compatible avec tout smartphone. Ces sociétés ont en commun la radicalité de leur solution (difficile de faire mieux que la liquéfaction ou le payement sans moyen de payement) et leurs noms imprononçables. Sans surprise, l'une comme l'autre communiquaient au CeBIT principalement sur son procédé, respectivement Liquidata et Paij. Ces noms là sont nettement plus faciles à retenir.

Un des "villages" polonais au CeBITJe souffre d'un tropisme polonais, pour des raisons familiales et professionnelles depuis quelques années. Coïncidence, la Pologne était partenaire privilégié du CeBIT 2013 et ses entreprises regroupées en "villages" dans presque tous les halls du salon. C'était un plaisir d'y trouver parmi elles la première de ces deux entreprises innovantes.

Un mot pour s'affranchir des idées reçues. De la Pologne, on imagine que le coût de la vie (et donc toute la chaîne jusqu'aux rémunérations) y est grosso-modo deux fois moins élevé qu'en France. C'est vrai. Moins connu, et pourtant tout aussi vrai, la Pologne est un pays d'excellents ingénieurs, particulièrement dans l'IT. Au point qu'une voix autorisée comme celle de Ramon Tancinco (responsable de la stratégie, des opérations et du développement à Cisco pour l'Europe de l'Est) compare explicitement Cracovie à Bombay et la Silicon Valley pour ses capacités d'outsourcing et d'innovation.

Je reviens à mes moutons, en commençant par la destruction des disques à la sauce polonaise. Les institutions telles que les banques, les organismes gouvernementaux, l'armée et les diverses officines ont besoin de détruire leurs supports de stockage numériques avant de les jeter, pour garantir l'irrécupérabilité des données par des tiers non-autorisés. On se rappelle de l'émoi provoqué par les pertes de supports numériques en série (ordinateurs portables volés, disques optiques égarés) par les services britanniques dans les années 2007-2008 pour comprendre l'importance de leur destruction quand ils sont réformés.

Limaille de plateaux magnétiquesDans un environnement professionnel classique, on se contentera d'une re-écriture répétée de données aléatoires sur la totalité de la surface du disque. Les plus déterminés passeront le disque à l'électro-aimant, ce qui le rendra inutilisable, les secteurs portant le firmware utilisé par son contrôleur interne se trouvant alors effacés eux aussi. Mais des travaux académiques montrent qu'il est encore possible en salle blanche d'accéder aux données originales, même après de tels traitements. Les moyens mis en oeuvre pour "détruire" les plateaux magnétiques de manière plus radicale vont donc être physiques: on découpe, on lacère et on broye en morceaux plus ou moins fins, selon la sécurité recherchée. Le croirez-vous, la densité d'enregistrement de nos supports magnétiques modernes est telle qu'il est possible de retrouver des fichiers intacts sur des morceaux de quelques millimètres carrés. Un risque que certains ne voudront pas prendre. 

Un article de la BBC estimait à plus d'un milliard de livres sterling la valeur pour la mafia des données nominatives perdues sur deux disques par l'administration britannique en 2007. On comprend que des moyens considérables puissent être mis en oeuvre pour une fraction de ce prix et permettent de récupérer des données sensibles sur des disques insuffisament "détruits". Tout n'est question que de valeur de l'information et de coût de sa récupération.

Du disque au liquideJe n'y ai jamais eu recours moi-même, mais j'observe que parmi les sociétés offrant des services de destruction plus ou moins protecteurs, leurs offres se perdent dans les détails pour parvenir à se différencier : finesse des morceaux, hauteur de coupe entre les plateaux et le corps du disque, nombre et profondeur des coupes dans le contrôleur électronique, nombre de passes au démagnétiseur, recyclage des métaux récupérés, etc. Ce qui m'a fait m'arrêter sur la solution Liquidata, c'est sa radicalité, qui met tout le monde d'accord: leur labo mobile (un camion) arrive dans les locaux de leur client, ils lui transforment ses plateaux magnétiques en liquide neutre, et pour la touche écologique (et probablement pour répondre d'avance aux derniers arguments de la concurrence), ils peuvent séparer et recycler les métaux. Le génie de Liquidata, c'est qu'on arrête d'ergoter sur les niveaux de sécurité, la finesse des copeaux et les prix qu'on met en face. Pas d'autre choix que de récupérer nos disques dans une éprouvette et d'arroser nos plantes avec. Ça cloue le bec à... tous les autres.

J'ai cru un moment à tort que la solution était encore en phase de rodage, que l'installation dans un camion de leur labo trahissait le besoin de "faire des démonstrations" et sur le stand j'ai poussé la discussion sur des détails pratiques. On m'a répondu que l'installation mobile du laboratoire est conditionnée par le souci des clients de ne pas faire voyager leurs disques loin de leurs locaux avant destruction. L'offre est d'autant plus attractive quand le moyen de destruction vient à la rencontre du client, et s'aligne en ça sur celles d'autres sociétés du secteur. Au rythme des commandes qu'ils reçoivent actuellement en Pologne, le labo mobile est amené à faire le tour du pays chaque semaine. Une courte vidéo permet de visualiser les opérations qu'on y réalise.

 

 

En réponse à mes questions, les chiffres étaient meilleurs que ceux auxquels je m'attendais: quelques centaines de disques peuvent être détruits par jour dans leur labo en situation normale, et jusqu'à 1500 en mobilisant une dizaine de personnes; les coûts s'étagent de 5 à 50 euros l'unité transformée en liquide, selon le volume traité dans la journée chez le client. Et preuve qu'on est bien dans un traitement industriel et non dans une campagne de communication, toutes les manipulations réalisées sur les disques dans le laboratoire sont enregistrées en vidéo; l'enregistrement est ensuite fourni au client avec le certificat de destruction de chaque disque.

Tarification Internet au CeBITCe billet est le résultat de l'intérêt qu'a suscité cette société chez moi: elle offre un très bel exemple d'innovation sortie du laboratoire et associée à la logistique adaptée pour devenir un beau produit commercial. Quand arrivera la version polonaise de la vidéo diffusée actuellement en allemand, je m'occuperai de la traduire en français. Cette société mérite d'être aidée dans son développement.

Il leur reste maintenant à concevoir le procédé pour dissoudre... les mémoires de masse SSD !

Au passage, voici à droite la tarification de l'accès Internet Wi-Fi dans les halls du CeBIT (cliquez pour agrandir). Question: avaient-ils, eux, des clients ? 

 

----

 

J'en arrive à présent à la deuxième société innovante qui a retenu mon attention.

Au siècle passé, j'avais écris un billet sur des applications machine-to-machine et des formes de paiement électronique utilisant notre téléphone mobile comme moyen principal. Dans ces exemples observés en 1999, il était question de glisser une carte bancaire dans le téléphone, ou de commander un distributeur de boissons par SMS. C'était l'époque où les blogs n'existaient pas encore sur l'Internet, et si vous suivez ce lien, vous verrez que ce n'est pas jeune.

Aucune des solutions de paiement envisagées à l'époque n'a été adoptée à grande échelle, tout au plus paye-t-on aujourd'hui quelques gaudrioles à l'aide de SMS surtaxés et peut-on parfois acheter son billet de tram par ce moyen dans certaines villes.

Paij - Tablet et smartphoneAvec Paij et les QR Codes, les choses changent. Ici l'usage vise tous les commerces et pas seulement les micro-paiements. Et il n'est pas question d'équiper l'utilisateur d'un quelconque matériel supplémentaire (carte Monéo, smartphone NFC comme on tente d'y accoutumer le public) dont la très lente pénétration (202 smartphones NFC recensés dans le monde sur plus de 5000 modèles, pour une technologie qui a déjà 10 ans) est un obstacle à l'adoption massive.

Imaginons régler nos achats en caisse. Sur notre ticket de caisse, un QR Code imprimé. Il suffit de le scanner avec notre smartphone, quelque soit sa marque. Le QR Code renvoie à une page web, comme c'est sa fonction, sur laquelle apparaissent déjà préparés tous les éléments de la transaction: le nom du commerçant, celui de l'acheteur, le montant à payer. Ne reste qu'à valider la transaction à l'écran du smartphone, pour que la caisse enregistreuse reçoivent confirmation de son exécution. N'est-ce pas génial de simplicité ? A-t-on déja fait aussi efficace avec aussi peu de moyens ? C'est la solution "toute logicielle" proposée par Paij. Finalement, le QR Code généré par Paij automatise la rédaction de ce qui n'est rien d'autre qu'un ordre de virement entre deux comptes Paypal. La simplicité est très convaincante vue du client. Aujourd'hui opérationnel avec le compte Paypal des utilisateurs, ce moyen de paiement sera ultérieurement compatible avec leur carte bancaire. Paij s'appuiera-t-il sur le portefeuille Google pour celà ? Je n'ai pas posé la question.

L'indépendance vis-à-vis des solutions matérielles (carte SIM NFC, porte-monnaie électronique type Moneo, etc.) donne envie de rêver au succès de Paij. Car ce qui est en jeu ici ne concerne pas le remplacement de la carte de crédit par le téléphone mobile, simple substitution d'un objet par un autre. Très au-delà de ça, en affranchissant le point de vente et le client d'un moyen physique de payement lié à un réseau bancaire en particulier, Paij ouvre la porte au libre choix par l'un et l'autre de leur intermédiaire financier pour sceller la transaction sur le lieu de vente. La dématérialisation du moyen de payement  par le QR Code apporte un peu la même libertée que le libre choix au début du siècle de son opérateur de téléphonie en présélection ou appel par appel. Aussi, l'enjeu est ici un rééquilibrage entre le pouvoir de négociation des banques et celui de leurs clients, professionnels et privés, au profit de ces derniers. Il est peut probable que le système bancaire encourage l'initiative.

Chez le commerçant et son prestataire de services, il faudra interfacer la plateforme Paij avec le système informatique d'encaissement, à condition que les caisses enregistreuses soient capables d'imprimer ou d'afficher à l'écran un QR Code. Mais c'est alors espérer la collaboration d'une demi-douzaine d'acteurs, de tous ceux qui forment la chaîne permettant à un système d'encaissement centralisé de réconcilier factures et payements. En fait, c'est là que le rêve se brise.

Paij - Transaction en coursLe monde des "réseaux à valeur ajoutée" ancêtres de l'Internet et de l'informatique dématérialisée, encore basés sur X.25, X.400 et l'EDI, règne largement sur les transactions financières. Je ne sais pas jusqu'où Paij en serait dépendant. Mais accéder aux caisses enregistreuses exigera probablement de passer par eux. C'est un monde oligopolistique, conservateur, où les nouveaux entrants susceptibles de prendre une part du gâteau sont encore moins bien vu qu'ailleurs, sauf à exténuer leur marge au bénéfice des acteurs en place. Paij en est probablement conscient. C'est pourquoi leur solution ne fonctionne pas comme je l'ai jusqu'à présent révée. J'ai commencé par la fin: l'interfaçage avec les caisses est un but visé par Paij, mais pour plus tard.

Pour l'heure, faute de pouvoir accueillir Paij directement sur ses caisses enregistreuses, le commerçant est invité à équiper ses caissières d'une tablette Wi-Fi ou 3G et de l'application Paij. La caissière saisit manuellement sur la tablette la somme à payer et l'application Paij génère un QR Code à l'écran, différent à chaque nouveau client. Le client photographie l'écran de la tablette qu'on lui présente et à partir de là, son smartphone lui permet de valider le payement comme déjà vu.

Mais les commerçants vont-ils se convaincre aisément d'équiper chaque caisse d'une tablette, même si celles-ci voient leur prix toujours baisser ? Que devient l'avantage compétitif de cette solution "toute logicielle" si comme les autres, elle exige la présence d'un nouvel équipement dédié ? Qui va croire que la saisie manuelle sur un appareil indépendant se fera sans erreur et sans ralentir encore les queues ? Quel degré de facilité rencontreront les commerçants pour réconcilier les sommes facturées et les transactions financières effectivement validées ? Ces questions rapides ont sans doute des réponses sensées, mais me font douter que la diffusion de ce moyen de payement soit plus aisée que ce que j'ai vu plus de 10 ans auparavant.

Une "jeune pousse" a-t-elle les moyens de faire bouger les lignes ? Je n'ai pas discuté de leur stratégie avec mes interlocuteurs sur le stand pour suffisamment la comprendre. Cherchent-ils à faire fonctionner une preuve de concept opérationnelle, à enregistrer une série de succès localisés, pour intéresser un gros acteur type Google (qui commence, au-delà de son porte-monnaie en ligne, à marcher sur les plate-bandes d'Amazon) ? Quand on voit la difficulté des plus grands à faire adopter leurs moyens de payement (T-Mobile en Pologne pousse actuellement ses cartes SIM NFC utilisable sur les terminaux de payement adaptés, sa vidéo sur Youtube n'a été vue que... 9404 fois), on a du mal à se convaincre que la solution viendra de petits acteurs prometteurs.

Et c'est pourtant tout ce que je souhaite à Paij de réussir à faire.


Répondre  


Mon Rii m'as-tu vu ?
Par Frédéric Dumas, mardi 06 novembre 2012 à 13:04 - HiTech

Rii Mini i6 vs iPhoneÇa épouse l'apparence d'un produit Apple, c'est fatalement tendance. Ça fonctionne sans fil, c'est forcément hi-tech. C'est compatible avec n'importe quel port USB, c'est donc cool. C'est Chinois, c'est alors... une copie d'autre chose. Ou plutôt, l'association réussie d'un design miniature avec des technologies courantes : un clavier qwerty, un trackpad, une télécommande infrarouge, un port USB... Autant dire qu'avec le Rii Mini i6 (RT-MWK06), on déballe aujourd'hui un mixte entre fourniture informatique et gadget pour Geek.

Rii Mini i6 - TélécommandePourquoi utiliser un clavier de la taille d'un grand iPhone (cliquer sur les photos pour une vue détaillée), puisque c'est de ça dont il s'agit ? Le commentaire souvent trouvé sur le Web et dans les séquences video sur Youtube cite le media center comme principal usage. Si je n'avais pas besoin d'un clavier sans fil (ah, le WAF !) et d'une télécommande pour mon HTPC à la maison, jamais je n'aurais eu l'occasion d'écrire ce billet sur le Rii Mini i6.

Rii Mini i6 - TrackpadGrâce à l'association d'une télécommande infrarouge (à apprentissage) au verso, d'une soixantaine de touches et d'un trackpad au recto, dans un seul petit boîtier, l'appareil commande idéalement une interface graphique telle que XBMC par exemple, mais aussi les fonctions simples des téléviseur et amplificateur audio traditionnellement associés (luminosité, volume, mise sous-tension par exemple, le choix des 16 touches "apprises" au verso du clavier restant libre).

Pas de Bluetooth ici. Pour connecter le clavier à son hôte, on enfiche dans le port USB de l'ordinateur le dongle fourni, fonctionnant sur 2,4Ghz. Ce choix technique présente des avantages : d'une part, la compatibilité du produit (la reconnaissance d'un clavier et d'une souris sur USB est désormais universelle, sans pilote supplémentaire), d'autre part une autonomie électrique supérieure à celle permise par la norme Bluetooth basic rate (le dialogue permanent entre équipements Bluetooth draine plus rapidement la batterie). Ici, l'émetteur radio ne travaillant que de façon très sporadique, le micro clavier affiche une autonomie de plusieurs semaines avant de devoir être rechargé (il fonctionne sur batterie). Pour ceux qui voudraient appairer un tel clavier avec leur smartphone, il reste possible de commander son jumeau, compatible Bluetooth. Assez curieusement, sa référence au catalogue du fabricant est exactement la même, ce qui laisse perplexe quant à la méthode de gestion des sotcks.

La première difficulté avec ce micro clavier, c'est son achat à l'étranger : il faut choisir l'original au milieu des copies proposées sur le Web. Un vendeur de Hong-Kong, auquel je demandais sur eBay s'il proposait l'original (à un prix très cassé), me répondait avec un flegme hérité des Britanniques "i am afraid not, thanks".

Rii Mini i6 - Certificat d'authenticitéC'est donc avec un peu d'amusement qu'on déballe un produit chinois sur la boîte duquel le fabricant a pris la précaution d'ajouter un label à gratter, censé permettre au client de vérifier l'origine du produit. La page d'accueil y invite en Chinglish : "Please input the code of label to look for its truth!". Maîtres de la contrefaçon de l'hologramme, les Chinois préfèrent peut-être utiliser un numéro de série unique pour chaque produit comme moyen d'en certifier l'origine.

J'indique tout de suite les URLs du fabricant Riitek et de la boutique en ligne PandaWill associée, pour éviter à d'autres de se fourvoyer. Outre une expédition par Singapour qui n'excède pas les 10 jours, la case "gift" du formulaire postal se trouve courtoisement cochée et évite ainsi tout retard et surcoût au dédouanement du paquet à l'arrivée.

Rii Mini i6 - Gros planOn pourrait encore faire une description détaillée des performances de l'appareil, remarquer qu'il se met en veille automatiquement, qu'il est rétro-éclairé, discuter du confort des touches, de la précision du trackpad, de l'autonomie, de la finition du boîtier, de la portée de l'émetteur... D'autres endroits sur le web l'ont fait mieux que moi. Je ne vois pas d'anomalie à signaler, en dehors de la mémorable impression de taper sur un Pocket-PC quand on utilise le clavier. Une photo de quelques rangées en gros plan permet de percevoir le genre de touches qu'on a sous le doigt.

Le trackpad m'a paru fidèle, mais le double clic exige parfois plusieurs tentatives. La finition du boîtier paraît être celle d'un produit manufacturé standard, sans recherche d'économie mesquine. Un scellé sur l'une des vis minuscules du dos interdit d'ouvrir l'appareil pendant la durée de la garantie. L'ensemble produit une impression de sérieux.

Rii Mini i6 - DongleUn dernier cliché pour rendre compte de la taille du dongle, aussi petit que possible. Grâce à sa taille, on peut le connecter en façade sans gêne esthétique. Une telle miniaturisation se fait probablement au détriment de la sensibilité de l'antenne intégrée, ce qui ne favorise pas la portée. En pratique, à plusieurs mètres du dongle, le clavier réagissait normalement et c'était un haut-parleur Bluetooth utilisé simultanément qui subissait lui des interférences. A l'allumage, le clavier s'apparie automatiquement avec le dongle à proximité et renouvelle cette procédure à chaque fois. Ça rend très souple le remplacement du dongle si on perdait celui fournit, mais ça rend probablement aléatoire l'usage de deux claviers de ce type dans la même pièce (à quel dongle chaque clavier s'attacherait-il, les signaux seraient-ils même différenciés ? Un numéro de série sur le dongle laisse penser que chacun est unique).

Fallait-il un billet pour présenter ce micro clavier ? Comme parfois sur un blog, les billets sont des coups de coeur et n'ont pas beaucoup d'autre raison. Ce n'est rien de plus qu'une découverte exotique que je partage avec vous.

---

Six mois plus tard (mise à jour en juin 2013).

  1. Rii Mini i6 - Gros plan du défautRetour du clavier en Chine en cours d'année, pour réparation d'un défaut esthétique: le dos en plastique se désagrégeait là où les vis le serraient. Obtention d'un numéro RMA après trois semaines de palabres par e-mail en Chinglish (un mauvais point pour le service client de Pandawill). Pas d'autres frais que ceux d'expédition en lettre recommandée vers le vendeur, la réparation et le retour étant à sa charge. Deux mois d'attente (second mauvais point, le vendeur refuse l'échange standard pourtant prévu par ses conditions commerciales et confie la réparation au fabricant). Emballage de retour fait à la grosse (il manquait du papier bulles aux extrémités). Réparation impeccable. Fourniture d'un second dongle au retour du clavier. Le dos du clavier est désormais fait d'un plastique au toucher plus caoutchouteux que le précédent. Un signe que le fabricant a dû rencontrer le même problème avec bien d'autres clients... mais les vendeurs continuent d'écouler les vieux stocks.
     
  2. Rii Mini i6 - Gros plan du défautLe clavier possède encore en mémoire les réglages pour télécommander par infrarouge mon téléviseur. Il s'agit bien d'une réparation et non d'un échange standard. Or, le clavier fonctionne désormais avec le dongle nouvellement fourni et ne reconnaît plus celui d'origine. Voilà qui démontre que l'appairage entre le clavier et le dongle est bien individualisé. On pourrait probablement en faire fonctionner deux simultanément dans la même pièce.
     
  3. L'expérience m'oblige à tempérer les propos positifs de mon billet concernant la fiabilité de la liaison radio. A quelques mètres de l'ordinateur hôte, j'observe parfois des saccades dans le mouvement du curseur contrôlé par le trackpad ou ma frappe au clavier rater quelques lettres. Me décaler dans le fauteuil de 10 cm suffit à supprimer ces phénomènes. Ils cantonnent l'usage du clavier à celui de télécommande permettant une saisie texte occasionnelle, ce d'ailleurs pourquoi il est fait.

 

 


Répondre  


Articles suivants >>>