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L'alimentation du PC à l'oscilloscope
Par Frédéric Dumas, mercredi 28 juin 2017 à 16:39 - HiTech

Un billet inhabituellement dédié à l'électronique qu'on trouve dans nos PC, et plus particulièrement au composant dont on n'entend jamais parler : le bloc d'alimentation électrique ATX, chargé de transformer un courant alternatif 230 volts en courant continu. Ce billet n'a pas d'autre prétention que de divertir le lecteur curieux, qui voudrait visualiser la forme des courants qui alimentent son PC, et de renseigner le hobbyiste, qui démontant sa machine, aimerait vérifier le comportement de son alimentation âgée de quelques années. Bien entendu, les manipulations décrites ici réclament de la minutie, pour ne rien mettre en court-circuit. Même si nous n'ouvrons pas le bloc d'alimentation lui-même, et ne travaillons donc que sur des courants basse tension, des risques subsistent pour la machine plus que pour l'opérateur; nous n'encourageons que les plus avertis à reproduire nos résultats avec leurs propres instruments.

Contrairement à d'autres appareils domestiques, la carte mère de l'ordinateur et les périphériques internes qui lui sont attachés (mémoires de masse, cartes d'extension), nécessitent plusieurs tensions d'alimentation produites en parallèle : 12 volts, mais aussi 5 volts, et encore 3,3 volts. Il fut un temps où deux tensions supplémentaires étaient elles aussi nécessaires : -12 volts (pour le fonctionnement des cartes PCI traditionnelles jusqu'au début des années 2000) et -5 volts (pour celui des cartes ISA jusqu'au milieu des années 90). Nous n'explorerons que les trois premières tensions de travail; nous laisserons également de coté le 5 volts "VSB - Stand By", qui ne délivre qu'une faible intensité, utilisée lors de la mise en veille.

L'alimentation, cette inconnue

Franchement, avant de rencontrer des dysfonctionnements sur des barrettes de RAM défectueuses et sur plusieurs machines, je n'avais jamais prêté attention à leurs blocs d'alimentation. Tant qu'elles démarraient, c'est que le courant était là. Mais les problèmes se répétant, il était nécessaire de remettre en cause un à un les différents composants : les cartes mères bien sûr et les alimentations aussi. J'ai commencé ces investigations un voltmètre à la main; je les ai terminées avec un oscilloscope, jusqu'à en avoir le coeur net. Une rapide recherche sur le web à propos des alimentations ATX fait remonter des histoires de composants en surchauffe car sous-dimensionnés, de routages PCB dangereux, de condensateurs chimiques fragiles par conception, dont l'électrolyte sèche ou se dilate sous l'effet d'une libération anormale d'hydrogène.

Ceux que ces anecdotes intéressent, et particulièrement la dégradation des condensateurs chimiques (ces composants les plus fragiles, dont 10°C de température supplémentaires divisent la durée de vie par deux), peuvent consulter entre autre cette video pédagogique d'introduction (en français) :

Au final, les défauts que j'observais sur mes barrettes de RAM n'étaient pas dus aux alimentations de ces machines. Mais ils furent un excellent prétexte aux mesures de courant en fonctionnement réel que je présente ici. 

Plus d'actions, moins de paroles

Le but de ce billet est de montrer comment mesurer les courants électriques produits par l'alimentation du PC à la norme ATX, à quels endroits les mesurer, et comment interpréter les résultats. Avant de passer à la pratique, et particulièrement à l'utilisation de l'oscilloscope dans ce but, il est nécessaire d'expliquer ce qu'on cherche à observer. Le titre de ce paragraphe est donc essentiellement trompeur, puisqu'on y trouvera au contraire une peu de théorie. Les impatients voudront bien sauter directement au suivant.

Pour qui a utilisé un voltmètre aux bornes d'une pile pour vérifier si elle est encore bonne, ou sur un adaptateur secteur pour voir s'il marche, réaliser des mesures à l'oscilloscope pour contrôler le fonctionnement d'une alimentation de PC paraîtra incongru. Après tout, une tension continue, par définition, ne change pas. Si l'alimentation du PC doit sortir 12 volts, 5 volts et 3,3 volts en continu, ne suffit-il pas de vérifier que ces tensions sont présentes ? 

Il y a un intérêt à enquêter un peu plus en détail. Générer un courant aux bonnes tensions n'est qu'une première exigence : le standard ATX dans sa version actuelle admet une tolérance entre 11,40 et 12,60 volts, entre 4,75 et 5,25 volts, et entre 3,15 et 3,45 volts; un résultat hors de ces fourchettes disqualifierait l'alimentation immédiatement. Pour autant, cette mesure ne laisse encore rien voir des caractéristiques plus fines de ces tensions, telles que leur ondulation et les bruits haute fréquence qui les parasitent. Il n'est pourtant pas question d'envoyer une ronflette ou des parasites à l'électronique délicate d'une carte mère, n'est-ce pas ?

Avant de prendre les sondes en main et de commencer les mesures, il faut donc comprendre ce qu'on cherche à observer. Contrairement à la différence trop simple que nous pourrions faire entre "courant continu" et "courant alternatif", en pratique le courant continu d'une alimentation de PC n'est pas parfaitement stable; il a beau être rectifié et filtré, il oscille toujours légèrement à la marge, il ne parvient jamais à faire totalement disparaître la trace du charcutage qu'il a subit dans le circuit secondaire de l'alimentation à découpage. J'encourage les curieux à consulter cette série de présentations didactiques, en anglais simple, pour comprendre les alimentations à découpage et l'origine de ces imperfections:

Ces caractéristiques techniques, ondulation ("ripple" en anglais) et bruit ("noise"), dont il n'est jamais fait la publicité dans les spécifications techniques, participent à la différence entre une alimentation médiocre et un modèle réputé d'un fabricant connu. Lorsqu'elle est neuve, il est attendu d'une alimentation qu'elle délivre des tensions en maintenant ces perturbations en dessous des seuils tolérés. Mais quelques années plus tard, l'usure à la chaleur des condensateurs aidant, toutes les alimentations ne se révèlent pas égales, et les caractéristiques du jour de leur première mise sous-tention peuvent avoir bien changées.

Pour vérifier le bon fonctionnement des alimentations ATX de mes PC, j'ai donc cherché à visualiser à l'oscilloscope ces micro-variations et à mesurer si elles restaient dans la plage de tolérance prévue par le standard ATX :

+12 volts +/- 60mV (120mV peak-to-peak)
+5 volts et +3,3 volts +/- 25mV (50mV peak-to-peak)

A noter au passage que ceux qui overclockent leur PC font attention à ces détails, et cherchent des alimentations ATX offrant des écarts plus faibles encore, plus exigeantes que le standard, afin de conserver la stabilité du processeur et de la RAM à tension constante lorsqu'ils les poussent eux-même au-delà de leurs spécifications. Les plus curieux trouveront ici (en anglais) une explication du pourquoi du comment.

J'ai un voltmètre, que puis-je mesurer ?

Nous y voilà, passons à la pratique.

Le voltmètre donne des résultats gratifiants, car il confirme facilement que les tensions attendues sont présentes. Une description pas à pas de la façon de l'utiliser sur une alimentation de PC peut être trouvée ici (en anglais simple); cette méthode propose de mesurer les tensions d'alimentation en deux étapes : hors charge, sans consommation électrique, c'est à dire la carte mère et tout autre composant étant débranchés; puis en charge, c'est à dire la carte mère et ses périphériques étant branchés et en fonctionnement.

Mesure hors charge

Cette première étape est pédagogique : elle permet de se familiariser avec le code des couleurs de cette forêt de fils, de repérer les endroits où faire contact avec les pointes de touche du voltmètre, de se rassurer sur la facilité de lecture des résultats. Pour l'essentiel, et sans se substituer au guide cité précédemment, on fera toucher à la pointe (-) du voltmètre la broche d'un connecteur d'alimentation terminant un conducteur noir (c'est la masse, la référence à 0 volt de l'ensemble de la machine), et toucher à la pointe (+) du voltmètre n'importe quel autre broche, terminant un conducteur d'une autre couleur : jaune pour 12 volts, rouge pour 5 volts, orange pour 3.3 volts.

Pour chaque couleur, le tableau suivant reprend les tolérances citées plus hauts, propres au standard ATX, entre lesquelles les tensions générées par l'alimentation doivent se situer :

Jaune ◼︎◼︎◼︎◼︎ 11,40 - 12,60 volts
Rouge ◼︎◼︎◼︎◼︎ 4,75 - 5,25 volts
Orange ◼︎◼︎◼︎◼︎ 3,15 et 3,45 volts

La lecture de résultats entre ces limites autorise à aller plus loin, et même si on est un peu éloigné de la tension nominale, on ne s'inquiètera pas : ce n'est qu'en charge, c.a.d. sur un ordinateur en fonctionnement, que l'alimentation donne des résultats qui doivent se conformer aux spécifications.

Mesure en charge

Cette deuxième étape consiste à observer les tensions délivrées en fonctionnement. L'ordinateur étant ouvert et allumé, on manipulera les pointes de touche du voltmètre avec une particulière minutie. Une mise en garde préalable est nécessaire : toute structure métallique dans l'ordinateur vous menace d'un court-circuit en cas de faux mouvement, car l'ensemble du boîtier constitue la masse électrique, la référence au 0 volt; autrement dit, toute structure métallique, celle de l'alimentation, celle du boîtier aussi, celle même d'un disque dur, est en contact avec le conducteur noir que nous touchions d'une de nos pointes l'instant d'avant. Dans un ordinateur ouvert, le plan de masse, c.a.d. le conducteur (-) vous cerne de toute part !

Accéder aux points de touche avec la sondeAlors même que je le savais, il m'est arrivé de court-circuiter mon alimentation en mettant involontairement une pointe de touche du voltmètre en contact simultané entre une broche et la structure du boîtier (la masse électrique). Je n'aurai jamais pensé avoir à ce point deux mains gauches, mais croyez moi, dès qu'on travaille sur un espace exigu, les mouvements malheureux sont beaucoup plus probables qu'on ne l'imagine. Bien entendu, les circuits de protection de l'alimentation ont fonctionné, elle s'est immédiatement coupée, et il a suffit de la réarmer en la débranchant physiquement du secteur pour faire redémarrer la machine. Soyons pourtant conscient que le risque de court-circuit est élevé en manipulant une machine ouverte.

A ce stade, et si nos mesures ont confirmé la présence des trois tensions dans les plages définies par les spécifications ATX, on peut commencer à être rassuré sur le fonctionnement de l'alimentation. Nous ne savons encore rien de la qualité de ces tensions, mais au moins la mesure au voltmètre a-t-elle montré qu'elles n'étaient pas grossièrement déficientes.

J'ai un oscilloscope, comment dois-je m'y prendre ?

Nos mesures à l'oscilloscope vont se dérouler en trois étapes :

  • nous observerons les tensions continues déjà mesurées au voltmètre, histoire de se familiariser avec l'instrument;
  • nous observerons l'ondulation de ces tensions continues et le bruit haute-fréquence qui s'y ajoute, et qui même faibles (comme requis par le standard ATX), existent pourtant bel et bien;
  • nous verrons que la mesure du bruit peut facilement être faussée et donner un résultat exagérément élevé, incriminant à tort l'alimentation.
Retrouver les composantes continues - mode DC

Rappelons que l'oscilloscope permet de visualiser à l'écran les tensions présentes dans un conducteur (qu'il suffit de toucher à l'aide d'une sonde) soit dans leur totalité (mais alors on ne voit pas beaucoup de détails), soit à la marge, en ne retenant que la composante alternative, celle qui gigote, le clapotis qui se superpose au courant continu... et là on peut zoomer sérieusement. Le premier mode est appelé "DC - Direct Current" (on observe la composante continue), le second "AC - Alternating Current" (on observe la composante alternative). Notre première étape s'intéresse à la composante continue, qui devrait être identique à la lecture faite au voltmètre. Trois copies d'écran de cette première série de mesures sont réunies dans le tableau ci-dessous :

 

+12 Volts DC +12 Volts 
+5 Volts DC +5 Volts 
+3,3 Volts DC +3,3 Volts 

 

Les résultats sont conformes : 11,60 volts au lieu de 12 reste dans la marge acceptée par la spécification, de même que 5,20 volts au lieu de 5 et 3,44 volts au lieu de 3,30. Les puristes diront que ces résultats sont médiocres; on peut aussi regarder le verre à moitié plein : les principales tensions générées par cette alimentation sont conformes aux exigences de la spécification ATX. Pour l'anecdote, l'alimentation ici testée est âgée de plus de 10 ans.

Un mot à propos de l'affichage généré par l'oscilloscope : dans le cartouche en haut à droite de l'écran, on peut lire en chiffre la tension mesurée, exactement comme sur un voltmètre. Cette facilité n'est offerte que parce que notre instrument est numérique. Car on peut aussi, et c'est la méthode classique sur un oscilloscope analogique, lire la mesure grâce aux graduations à l'écran. La valeur en bas à gauche nous indique l'échelle : selon la tension à mesurer, elle est différente. Ainsi, pour mesurer le 12 volts, j'ai été contraint de choisir une grande échelle, où chaque graduation correspond à un pas de 5 volts. La position du signal dans la partie haute de l'écran (au-dessus de la médiane) signale que nous sommes en présence d'une tension positive, tandis que le nombre de graduations parcourues (ici un peu plus de deux à partir de la ligne médiane de l'écran), signale que cette tension va au-delà de 2 x 5 volts, c.a.d. supérieure à 10 volts. Visuellement, on retrouve bien 12 volts environ en suivant les graduations. Même lecture pour le 5 volts : chaque division à l'écran représente cette fois-ci 2 volts, le signal s'inscrit à l'intérieur de la troisième division, le décompte s'établit donc ainsi : 2v + 2v + 1v = 5 volts. Il en va de même pour le 3,3 volts, ici visualisé sur une échelle à 1 volt par division.

Recourir à l'oscilloscope pour visualiser la composante continue de ces trois tensions n'apporte pas beaucoup plus que la mesure faite au voltmètre: on trouve normalement les mêmes résultats. Un écart entre les deux, dans les mêmes conditions de fonctionnement de l'ordinateur, s'expliquerait vraisemblablement par un défaut de calibration de l'un des instruments. Utiliser l'oscilloscope en mode DC montre aussi que la tension est stable, c.a.d. que la ligne qu'elle dessine à l'écran n'est pas déformée par des chutes ou des pics brutaux, tel que pourraient les provoquer par exemple un faux contact. Elle permet enfin de commencer à discerner le bruit sur-ajouté à la tension, et que trahit la granularité du trait et les petites échardes qui s'y dessinent. Ce sont ces déformations, minimes mais réelles, que nous allons maintenant observer de plus près, pour vérifier si elles aussi sont conformes aux spécifications ATX.

Zoomer sur la composante alternative - mode AC

Les six copies d'écran ci-dessous montrent à quoi ressemble ce "clapotis" à la surface de la composante continue de chacune de nos tensions d'alimentation. La colonne de gauche affiche cette composante alternative avec un zoom très grossissant (la base de temps est choisie à 2µs), celle de droite utilise un zoom 5 fois plus faible (chaque division horizontale représente cette fois un délai de 10µs). Ces bases de temps étaient choisies arbitrairement, dans le seul but de faire ressortir ces micro-variations bien en détail. Evidemment, la taille gigantesque que ces imperfections prennent à l'écran ne dit rien de leur importance réelle; sous une loupe, n'importe quel insecte devient monstrueux.

 

12 Volts AC 2us 12 Volts AC 10us +12 Volts
5 Volts AC 2us 5 Volts AC 10us +5 Volts
3,3 Volts AC 2us 3,3 Volts AC 10us +3,3 Volts

 

L'ondulation de la tension 3.3 volts présente la forme qui nous est la plus familière, on y reconnait une sinusoïde simple (c'est l'ondulation ou "ripple"), ce qui rend facile d'y distinguer les parasites haute-fréquence se manifestant sous la forme d'échardes dans la sinusoïde (c'est le bruit ou "noise"). Bien que la spécification ATX encadre la valeur maximale admissible de ces deux phénomènes pris globalement, il est utile de les distinguer avant de procéder à leur mesure, armé d'une sonde. Nous expliquerons dans un instant pourquoi.

Même si l'ondulation des tensions 5 volts et 12 volts ne présente pas de forme sinusoïdale, on y reconnait un motif carré répétitif, typique du phénomène électrique se répétant régulièrement dans l'alimentation à découpage. La forme de ce motif et même sa fréquence ne nous intéressent pas beaucoup, car ce que nous cherchons à connaître c'est son intensité. Remarquons pourtant que la différence de zoom entre l'affichage de droite et celui de gauche met en évidence la présence de plusieurs ondulations superposées à des fréquences différentes : à gauche, un cycle complet de l'oscillation occupe environ deux divisions horizontales, c'est à dire qu'il se répète en moins de 4µs (compte tenu d'une échelle de 2µs par division), soit environ 250.000 battements par seconde (250Khz); à droite, un battement plus lent apparaît, se répétant toutes les trois divisions, soit environ 30kHz, compte tenu de l'échelle de 10µs par division. Ce sont toutes ces déformations prises ensemble qu'encadrent les spécifications ATX.

Maîtriser la mesure

Ordinateur ouvert - Positionner la sondeAprès cet aperçu de l'ondulation et du bruit, et avant de les mesurer, il faut s'arrêter un instant sur la manière de poser la sonde de l'oscilloscope sur les conducteurs qui nous intéressent : noir pour la masse, jaune pour le 12 volts, rouge pour le 5 volts et orange pour le 3,3 volts.

En bonne théorie, la sonde devrait toucher les broches des connecteurs qui sont rattachés au plus près du bloc d'alimentation. Toute longueur de câble éloignant le point de mesure du bloc d'alimentation produit un mélange aléatoire d'effets capacitifs et inductifs, qui filtrent ou amplifient le bruit haute fréquence, c'est à dire faussent la mesure dans des proportions très importantes. Nous parlons ici des conducteurs électriques entre chaque connecteur d'alimentation et l'alimentation elle-même. Selon qu'ils courent à plat ou sont torsadés, selon même qu'on les écarte du doigt, l'éloignement entre la masse (-) et le pole (+) varie, et modifie les caractéristiques électriques du circuit; ces modifications n'ont aucune incidence sur la tension continue, mais en ont de plus en plus au fur et à mesure qu'on s'intéresse à des tensions alternatives à fréquences élevées. Or, le bruit dont nous cherchons à mesurer l'intensité ici, et dans une certaine mesure l'ondulation aussi même si sa fréquence est plus faible, sont précisément des tension alternatives, sensibles à la capacité et à l'inductance des conducteurs qui les transportent.

Sondes d'oscilloscope - Raccords à la massePar ailleurs, la même remarque doit être faite en ce qui concerne la sonde elle-même. Autant pour mesurer la composante continue avec l'oscilloscope, il était parfaitement légitime d'utiliser une sonde équipée de sa pince crocodile, et d'aller chercher la masse où on voulait, voir même en n'importe quel point du châssis de l'ordinateur, autant pour acquérir une mesure fiable des composantes alternatives, cette configuration conduirait à des résultats fantaisistes si elle était retenue.

La photo de droite illustre le propos : en haut la sonde que nous utilisions pour la mesure en continu; en bas la sonde que nous allons utiliser pour la mesure du bruit. Elles diffèrent par le moyen de les rattacher à la masse : par une bretelle et une pince crocodile pour le première, par un ressort de masse pour la seconde (visible à l'extrémité de la tête, à proximité de la pointe).

Une dernière raison doit nous dissuader d'utiliser la première configuration pour mesurer le bruit généré par une alimentation de PC : le fil de la bretelle sur la sonde du haut, tout comme les conducteurs entre le bloc d'alimentation et les connecteurs, se comporte aussi comme une antenne: au bruit provenant de l'alimentation s'ajoute alors celui d'autres appareils émettant dans la pièce leurs propres interférences électromagnétiques. Autant dire que vérifier la conformité au bruit haute fréquence d'une alimentation ATX s'avère un exercice qui comporte jusqu'au bout une part d'erreur. Nous pouvons tout au plus tenter de la minimiser.

Les deux mesures suivantes, capturées sur la ligne 12 volts, illustrent ces biais de façon flagrante : à gauche, le bruit observé à l'aide de la sonde du haut (équipée d'une bretelle), à droite celui observé avec celle du bas (équipée d'un ressort). A gauche, le bruit dépasse plus de 7 fois le maximum autorisé par les spécifications ATX (800 mVolts peak-to-peak contre 120mVpp autorisés), à droite il les respecte parfaitement ! Les deux mesures portent sur le même ordinateur, à quelques minutes d'intervalle. Cette différence ne tient donc qu'à la méthode de mesure.

 

Bruit mesuré avec bretelle de masse Bruit mesuré avec ressort de masse +12 Volts

 

Dans la pratique, réussir à poser le ressort de masse sur la broche d'un conducteur noir et la pointe de la sonde sur celle d'un autre pole n'est possible depuis le connecteur ATX 20 broche (le principal connecteur d'alimentation électrique de la carte mère) que pour les tensions 5 volts et 3,3 volts : toutes deux jouxtent un conduteur noir amenant la masse. Par contre, le conducteur jaune 12 volts est trop éloigné d'une broche de masse, et le ressort de la sonde trop court, pour pouvoir faire la mesure ici. Il faut donc chercher un point de test sur le connecteur d'un périphérique quelconque, toujours au plus court possible du bloc d'alimentation. Cette contrainte ne concerne pas le connecteur ATX 24 broches, qui offre un conducteur 12 volts et de masse suffisamment proches l'un de l'autre pour permettre la mesure.

Avant de livrer les résultats finaux de notre alimentation et la déclarer apte ou non à continuer le service après plus de 10 ans de fonctionnement, une nouvelle et dernière remarque de sécurité électrique est indispensable. En pratiquant des mesures à l'aide d'une sonde et d'un ressort de masse, on accroit encore (si c'était nécessaire !) les risques de court-circuit. Contrairement à une mesure au voltmètre, où inverser les polarités n'entraîne pas d'autre conséquence que de fausser l'affichage à l'écran (une tension positive devient négative et vice-versa), la même erreur avec un oscilloscope produit immanquablement un court-circuit. Toucher une polarité quelconque avec le ressort de masse la met en court-circuit avec la prise de terre, à laquelle est raccordé la masse de l'oscilloscope et donc le ressort de masse. Selon l'intensité déchargée vers la terre avant la coupure automatique de l'alimentation, des dommages pourront être infligés à l'oscilloscope. On prendra donc un soin particulier, en réalisant ces mesures, à éviter au ressort de masse tout contact avec un conducteur autre que noir ! Et croyez moi, cette petite aiguille aime à se glisser dans les mauvaises broches ! Consolation : on peut toucher par mégarde autant qu'on veut le châssis de l'ordinateur, lui-même étant la masse électrique, il ne se passe évidement rien.

Résultats de nos mesures

La conclusion de ce billet décrit comment lire les résultats de nos mesures d'ondulation et de bruit de l'alimentation du PC. Pour ce faire, nous devons déterminer si l'écart entre la valeur minimum et maximum de ces déformations (nommément l'ondulation et le bruit) restent inférieurs aux limites imposées par les spécifications ATX. Portant sur des valeurs min et max, on cherche donc à mesurer une tension "peak-to-peak".

Commençons comme d'habitude par regarder ce qu'affiche l'oscilloscope pour les trois tensions qui nous intéressent :

 

+12 Volts +12 Volts 
+5 Volts +5 Volts 
+3,3 Volts +3,3 Volts 

 

Nous pouvons tirer un coup de chapeau à l'électronique japo-taïwanaise; même âgés, les condensateurs de filtrage de cette alimentation font leur travail, c'est à dire contiennent efficacement les aspérités de nos trois tensions dans les limites exigées par les spécifications ATX : nous observons moins de 120 mVolts peak-to-peak pour le 12 volts (juste en dessous de la limite), moins de 35 mVolts peak-to-peak pour le +5 volts, là où la tolérance est de 50mVpp, moins de 50 mVolts peak-to-peak pour le +3,3 volts (juste à la limite là aussi). Ces mesures ont été réalisées l'ordinateur étant en fonctionnement, mettant ainsi l'alimentation en charge à 65% de sa puissance nominale. Compte tenu de nos points de mesure situés sur les connecteurs des câbles de l'alimentation et non sur l'alimentation elle-même, la réalité ne peut qu'être un peu meilleure que ce que nous montrent nos mesures. Par ailleurs, une inspection visuelle de l'intérieur du bloc d'alimentation (bien évidement hors-secteur et condensateurs déchargés) n'a montré aucun défaut visible parmi les condensateurs.

Apte pour le service et rendez-vous dans 10 ans.


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Nouveau site : Alz Junior
mercredi 01 juillet 2015 à 12:41 - Siteparc

AlzJunior

 

Alz Junior, la maladie d'Alzheimer enfin expliquée aux enfants.

LECMA-Vaincre Alzheimer est une association d’intérêt général, à but non lucratif, régie par la loi de 1901.

Fondée en avril 2005, LECMA-Vaincre Alzheimer s’est fixé deux missions principales :

– le financement de programmes de recherche scientifique de qualité

– l’information du public sur la maladie d’Alzheimer.

Hébergement et infogérance du site créé sous Wordpress.

Conception du site, design et développement : Nexize
Illustrateur : Philippe Larbier
Coloriste : Bruce Millet


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Nouveau site : Thomas Hardmeier
mercredi 03 juin 2015 à 11:50 - Siteparc

Thomas Hardmeier

 

Création sous Wordpress et hébergement du nouveau site de Thomas Hardmeier, directeur de la photographie Suisse.

César 2014 de la meilleure photographie pour " L'Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet"

César 2015, nomination pour le César de la meilleure photo pour "Yves Saint Laurent"

 Thème "responsive design" pour affichage sur mobiles.


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Luxury Architecture : Carbondale
dimanche 10 mai 2015 à 16:00 - Siteparc

Développement et hébergement du nouveau site de Carbondale Architecture, leader "Luxury Architecture", basé à Paris et au Brésil. Carbondale a notament réalisé le magasin Louis Vuitton Champs Elysées à Paris, le showroom BMW à Manhattan et la boutique Tag Heuer Sydney.

Carbondale est dirigé par Eric Carlson [Wikipedia], Pierre Marescaux  et Julianna Cintra Do Prado.


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Jean Prouvé
jeudi 05 février 2015 à 11:06 - C ds l'r

 Jean Prouvé a de la chance. La galerie Patrick Seguin publie une série de 3 coffrets composés de 5 monographies, présentant les maisons de Jean Prouvé et leur architecture modulaire et démontable. On y retrouve des photographies d'époque et des photographies plus récentes, toutes très bien mises en valeur avec de très intéressants textes d'accompagnement.

On peut voir un extrait en ligne ici.

 


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